27/06/2005
Dénonciation en bon éduforme
C’est l’histoire d’espaces public numériques ouverts par une municipalité il y a trois ans, dans le cadre de la mise en place d’une politique de réduction de la fracture numérique à l’occasion des élections municipales, et d’une activité démarrée sans vrai contenu. (c’est dire l’intérêt du déploiement du dispositif)
C’est l’histoire d’une municipalité qui n’a pas investi, depuis, un centime un seul, pour équiper le service d’outils pourtant reconnus incontournables par l’élue aux nouvelles technologies elle-même, et permettre le développement de l’activité. (c’est dire la place laissée aux élus parfois et la volonté politique de cette municipalité)
C’est l’histoire d’ animateurs multimédia qui ont obtenu entre 2 et 10 jours de formation en trois ans et demi, sur des compétences déjà acquises pour la plupart (c’est dire comme on se préoccupe des plans de formation pour les emplois-jeune dans cette collectivité), et qui se sont retrouvés marginalisés de réseaux d’échanges professionnels parce qu’on a pas souhaité les faire participer aux rencontres.
C’est l’histoire de quatre emplois-jeune mis en poste sans encadrement sur un des espaces crées, et de l’un d’entre eux qui s’est retrouvé manager sans profil de poste défini, sans aucune reconnaissance administrative ou autre, et donc de fait aucune autorité reconnue, ni par la hiérarchie, ni par son équipe d’animateurs. (c’est dire l’anticipation faite sur la gestion du personnel)
C’est l’histoire de leurs bureaux qui ont été installés dans des sous-sols : pas d’éclairage naturel, pas d’aération, des infiltrations périodiques d’eau par les sols, trois inondations en trois ans, deux infestations de moustiques, pas de chauffage en hiver et une climatisation qui marche, cet été, pour la première fois. (c’est dire comme les conditions de travail sont pensées)
C’est l’histoire d’un changement de direction, intervenu 2 ans après l’inauguration du service, et d’une nouvelle responsable hiérarchique complètement larguée qui rétorque aux animateurs lors de sa première réunion avec eux : « Je vous préviens, je ne voulais pas m’occuper des Cybers. Je ne veux pas entendre parler de vous. » (c’est dire ses compétences de management et son état d’esprit)
C’est l’histoire de notre animateur manager (illégitime) qui, par conscience professionnelle mêlée d’ignorance, se retrouve à gérer les dossiers de sa supérieure en plus de son travail déjà alourdi par la désimplication grandissante de son équipe et par tous les dysfonctionnements qu’il s’est retrouvé à essuyer ou à devoir taire aux partenaires financeurs du projet. (c’est dire le respect de son contrat de travail)
C’est l’histoire de ce même manager qui est évincé d’une réunion avec les acteurs hiérarchiques et politiques du projet (probablement impulsée suite à un courrier syndical) parce qu’il leur renvoie leur échec par l’analyse du non développement de l’activité qu’il expose, et les inquiétudes de son équipe qu’il fait remonté. (c’est dire l’intelligence et le pouvoir investis dans cette situation)
C’est l’histoire de ce pauvre naïf qui rencontre son directeur général de la communication pour lui faire part de ses frustrations et trouver des solutions, et qui s’entend dire avec des mots aussi diplomates qu’hypocrites : « Vous n’êtes pas content ? Vous fermez votre gueule ou vous vous cassez ! En tout cas, vous n’êtes plus manager , comme ça le problème est résolu. » (c’est dire la considération donnée à la personne humaine par ce monsieur et sa logique indifférente)
En somme, c’est l’histoire navrante d’une municipalité qui prend ses citoyens pour des imbéciles, qui n’a pas su et voulu développer une activité pourtant aussi essentielle que valorisante en terme d’image, qui a gâché à la fois l’énergie et les compétences des animateurs multimédia qu’elle a embauché, et qui ne se remet toujours pas en question à un an et demi de la fin des contrat emplois-jeune affectés au service.
C’est l’histoire d’un environnement de travail pourri par la non transparence, des personnes prétentieuses et des luttes de pouvoir, qui a révolté et écœuré un jeune homme qui pourtant croyait en son employeur.
Et cet homme, ce manager : c’est moi.
Moi qui attends la venue, annoncée pour septembre, d’un nouveau directeur général auprès duquel je vais réitérer mes démarches, avant de recourir à une autre solution.
Moi qui, aujourd’hui plus que jamais, sais pourquoi je soutiens les valeurs du développement durable et pourquoi j’ai écrit « éthique et transversale » sur ma carte de visite de professionnel de la communication.
"Monsieur le Maire, je ne dis pas bravo à ta smala ! Cela dit, merci quand même. Grâce à ces trois années et demi au service de notre municipalité, je sais aujourd'hui comment elle pourrait être différente. "
10:55 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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