17/10/2009

reportage France 4

Changer de sexe, pour un instant ou pour la vie

France • (2009)• 52'• Diffusion du Dimanche 11 octobre à 20h35

Disponible jusqu'au dimanche 25 octobre (demain) !! sur le site France 4

Comment ont-ils pris leur décision ? Ils confient leur parcours, leur choix, souvent leur lutte et leurs blessures, et surtout leur nouvelle vie. Une manière aussi de briser certains tabous. Que se passe-t-il dans la tête d’un individu qui décide pour un moment plus ou moins court ou pour toujours, de mêler sa propre identité aux codes de celle du sexe opposé ? Autant de témoignages, d’expériences ...

21/04/2009

Transexualisme et justice française.

Voici une information qui en dit long sur le sujet :

http://dramelay.wordpress.com/2008/10/21/henart-dati-et-l...

 

Et voici l'extrait le plus pertinent du courrier que j'ai envoyé à Mme Dati, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, en date du 20/04/2009 :

 

"[...] Les personnes en situation de transexualisme rencontrent un véritable problème avec la justice française par rapport à leurs changements d'état civil. Toutes les années perdues en procédure administrative pour donner droit à des papiers conformes à une nouvelle identité, sont autant d'années perdues sur le plan social et professionnel.

Vous avez été sollicitée sur la question en 2007, par le député nancéien, Laurent Hénart (ref : http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-7018QE.htm). Vous indiquez notamment dans votre réponse que les transexuel(le)s peuvent faire une demande de changement de prénom par intérêt légitime pendant la pèriode transitoire. C'est une fausse solution : ce n'est pas ce type de démarche qui protège réellement les personnes transexuelles de la discrimination. Je vous avoue que je n'ai pas compris votre positionnement. Vous estimez, en effet, que les mécanismes actuellement en place apparaissent de nature à répondre aux préoccupations exprimées, et pourtant, les personnes concernées ne le vivent pas du tout comme cela.

Sur ce sujet, notre pays reste dans un flou artistique par rapport à des pays tels que l'Espagne, les Pays-Bas ou la suède. La France s'est toujours revendiquée comme un pays des Droits de l'Homme et se veut aujourd'hui être un pays fort à l'échelle européenne : à mon sens, elle se doit d'étudier sérieusement les droits des personnes transexuelles, notamment sur la question du changement d'état civil qui donne lieu à des durées de procédure trop longues. C'est pourquoi je me permets de solliciter votre attention sur ce volet de la justice française.

Comptant sur votre sens de la justice et votre engagement pour la France, je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de mes sentiments distingués."

14/01/2009

Punk, Goth et affiliés...

J'ai visité un site qui se veut être un "Web-Zine d'ethnologie urbaine par l'humoir noir et la BD". Différents mouvements sont présentés tels les mouvements punk ou gothique. Je l'ai trouvé aussi intéressant que marrant.

http://thecrobard.propagande.org/

Je le décommande cependant aux jeunes mineurs et aux âmes sensibles. ;)

25/10/2008

Etat civil et débordements...

Vous savez que mon changement d'état-civil est toujours en cour ?!

Une audience a eu lieu début octobre, qui n'a rien donné parce que le Procureur de la République n'avait toujours pas communiqué ses conclusions. Juste avant cette audience, pour essayer de faire déboucher l'affaire, j'ai envoyé un courrier au dit Procureur pour lui signaler qu'au bout de trois ans ma situation sociale liée à ces problèmes de papiers allait trés rapidement devenir plus que précaire et que la conclusion de cette affaire revêtait un caractère d'urgence.

J'en ai informé mon avocat (que je soupçonne de me prendre pour un idiot depuis le début) et voilà ! Je reçois aujourd'hui un courrier de Monsieur qui m'annonce qu'il a enfin (comme par hasard) reçu les conclusions du Procureur qui ne s'oppose pas à mon changement d'état civil. Bonne nouvelle ? Je voudrais vous dire que oui mais non. L'audience de clôture de l'affaire est fixée au 10 JUIN 2009 !!!!!! Moralité : pas de papiers avant octobre/novembre 2009 !

Entre amère déception, écoeurement et colère...

12/04/2008

Inspi 120408

Ces différences qui nous séparent, sont aussi celles qui nous rassemblent indubitablement. Je suis différent de vous. Vous êtes différent de moi. Si nous avons une chose en commun, c'est bien celle-là ! Ah ! C'est fort ça !! Des objections ? Lol

Je trouve que c'est un bon début ! :)

28/02/2008

Etat civil (suite et non fin) : si si j'vous l'dis !

Je vais faire court parce que.... pfffff....

Expertise passée en décembre. Question clé du moment : "vous-vous sentez homme ?" Oui. "Bien, et bien nous avons fini !" 34 minutes montre en main pour me demander ce que mon père, ma mère et moi faisions et faisons dans la vie... A 10 bornes de chez moi ! KPffffffffff........

La semaine dernière. Coup de fil : "Monsieur l'expert, pourquoi le juge se plaint de pas avoir le rapport ? Vous êtes pas cool !!!" ................

 

"Et ça continue, encore et encore" ...........

07/04/2007

Etat civil : suite et non fin...

A vous raconter mes petits malheurs (coups de gueule "système" surtout), autant aller jusqu'au bout ! Lol

Dans une note précédente (catégorie "Transidentités"), je vous annonçais des délais pour l'obtention de mon nouvel état civil. Ils ont légérement été modifiés :

L'audience préliminaire de décembre 2006 a donné lieu à une seconde audience préliminaire le 15 mars 2007 (le juge a lu mon dossier !) et nous aurons donc une audience de jugement le 9 mai 2007. Merci à mon avocat ! Parce que le juge tablait sur décembre à la base !!

Maintenant, la tâche noire au tableau : le juge a demandé une expertise médicale, que nous allons refuser, mais... Si je dois y passer, ça va faire du bruit...

30/10/2006

Prisonnier de mon fichu prénom de naissance

Dans une note précédente, j'évoquais le problème des délais de changement d'état civil pour les personnes en situation de transexualisme, et des répercussions que cela avait sur la préservation de la vie privée (catégorie "Trans'identités"). Aujourd'hui, j'ai un exemple trés concret à vous confier. Un exemple, une frustration, une déception, encore !

Jusque là, quoiqu'ayant réussi à me construire une vie professionnelle intéressante, il faut bien reconnaitre que mon fardeau de dysphorie de genre et la nécessité de mon parcours de transexualisme m'ont empêché de construire la vie que je veux vraiment, celle qui sera garante de mon épanouissement. Je me retrouve donc professionnel de la communication et du management, alors que j'ai toujours voulu faire une carrière artistique.

Suite à mon parcours médical, j'ai retrouvé à la fois l'esperance et l'envie de me construire enfin un avenir qui me ressemble : c'est pourquoi je suis aujourd'hui en quête de me faire repérer par des professionnels du monde du spectacle. Vous pourriez vous interroger de savoir pourquoi je ne passe pas tout simplement par une école à vocation "professionnalisante", au moins dans un premier temps ? Et bien, en fait, c'est une idée que je n'abandonne pas dans l'absolu mais c'est trés compliqué dans la mesure où j'ai dépassé l'âge recquis pour les écoles publiques, et que je n'ai pas le moyens de me payer une école privée. D'aprés les dires de ma conseillère, l'ANPE ne peux rien faire pour moi. Alors je patauge...


Je me suis présenté, ce matin, à un casting artistique ouvert au grand public. A l'entrée, on nous a distribué un document à remplir et remettre à l'inscription, qui est en fait un contrat de cession de droit et qui stipule :
"Je donne mon autorisation à titre gracieux pour que mes nom, prénom, surnom, pseudonyme, mon image, ma voix et les autres attributs de ma personnalité puissent être captés, ...., et communiqués au public selon les modes d'exploitation prévus." Plus bas, il est également spécifié : "...tout élément biographique me concernant, communiqués à l'occasion de ma participation, puissent être utilisés par la production".
Seulement voilà, même si j'avais pu me faire inscrire sous mon nouveau prénom masculin, je ne pouvais faire autrement que de communiquer mes papiers qui sont toujours porteurs de mon ancien état civil. Ce qui veut dire en gros, que si j'avais signé ce document et passé le casting, non seulement la production était en droit de révéler aux spectateurs ma transexualité mais en plus, elle était aussi en droit de révéler mon prénom de naissance, féminin donc !

Révéler ma transexualité, j'en ai pas spécialement envie : je n'ai pas l'objectif dans ma vie de m'afficher en tant que transexuel et d'en revendiquer une fierté quelconque. En même temps, je ne suis pas complètement naïf : je sais trés bien que si je fais une carrière artistique qui marche, un jour ou l'autre, ma particularité sera révélée par un idiot x ou y en mal de sensationnel ou de scoop. Qui plus est, je n'ai pas honte de ce que je suis et je l'assume totalement, donc j'étais prêt à prendre ce risque.
Mais que l'on révèle mon prénom de naissance : ça c'est hors de question. Cela peut paraître insignifiant vu de l'extérieur mais pour moi, c'est tout bonnement inconcevable : je l'ai porté durant 28 ans comme un boulet ce prénom, et je ne veux plus jamais l'entendre dans la bouche de qui que ce soit. Ce risque là, je n'étais pas prêt à le prendre. J'ai renoncé au casting et je suis rentré chez moi extrêmement déçu.

Croire que je vais lâcher l'affaire serait mal me connaître, surtout que ma prof de chant m'a affirmé que j'avais de trés bonnes chances d'être sélectionné : il y a un casting de la même boite de production à Paris, début décembre. Je vais joindre le siège de la boite par téléphone d'ici là pour expliquer ma situation et leur demander un engagement écrit (une clause spécifique) à ne pas révéler ces éléments là de ma biographie. Je ne me fais pas beaucoup d'illusion mais je n'ai rien à perdre à essayer. Si j'obtiens un engagement de leur part, je m'inscris à la session de Paris.

Toujours est-il que pour en revenir au sujet de fond (mon changement d'état civil), je n'ai de cesse de penser que je ne serais pas obligé de toujours tout calculer et de devoir renoncer constamment à ce qui me tient à coeur, si l'Etat et la justice française faisaient preuve d'un peu plus de compréhension et d'intelligence vis à vis du transexualisme.
Pour vous donner des éléments concrets qui vous permettront de vous faire une idée : mon avocat a déposé une requête en changement d'état civil fin JANVIER 2006. La requête a été enregistrée début JUILLET 2006. Je viens d'apprendre que nous avons une audience avec le juge MI-DECEMBRE. De là, plusieurs possibilités :
1) le juge valide la requête et prononce le jugement définitif : j'aurais donc l'arrêté du jugement d'ici MARS 2007 suite à quoi il me faudra encore facilement deux mois pour faire changer mes papiers auprés des différentes administrations (mairie, sécu...)
2) le juge peut estimer la nécessité d'une seconde audience ou d'une expertise médicale (un médecin m'examine pour vérifier que les chirurgiens n'ont pas menti sur leurs attestations et que je suis bien opéré : et moi, c'te connerie, ça me couterait 600 euros de plus !). Ces démarches aurait alors lieu entre FEVRIER et AVRIL 2007 : j'aurais mes nouveaux papiers au minimum en SEPTEMBRE 2007 !

Mon avocat m'a d'ors et déjà annoncé que je risquais, compte tenu des lenteurs administratives, de n'avoir (au mieux) mon jugement définitif que d'ici MAI/JUIN 2007. Autrement dit, il se sera écoulé au minimum 1 AN ET DEMI, avant que la procédure soit bouclée et que je puisse enfin avoir mes nouveaux papiers en adéquation avec ma nouvelle identité physique visible des autres depuis déjà juin 2005.

1 an et demi MINIMUM pour qu'un juge lise un dossier et dise oui (ou non...) : c'est pas surréaliste ça ? Et en attendant, ma vie, mes projets sont en suspens. Mais pas grave, c'est pas leur vie, c'est pas leurs projets à eux ! Alors pourquoi ils devraient se demander si j'en souffre ? Si NOUS en souffrons...
En conclusion : M...E à ce système ! Voilà ! Vous l'aurez bien compris, immédiatement tout de suite, je suis en colère !

12/11/2005

Intégration sociale et lois : violation de vie privée.

J'ai décidé de faire mon parcours de transsexualisme peu avant d'intégrer mon emploi actuel : les choses se sont posées comme ça malgré moi, et le résultat est mitigé. J'ai signé un contrat de travail à mon état civil de naissance (féminin donc) alors que je m'affirmais déjà comme MONSIEUR Angelyto dans ma vie sociale, et notamment auprès de mes amis. Très vite j'ai ressenti le besoin de fait mon "coming-out" au travail : vu que j'étais avec des collègues récents, je me suis dit que ça me permettrait d'anticiper un peu et d'éviter d'étaler ma vie privée par la suite à des nouveaux venus ou à des partenaires professionnels extérieurs. Mais il n'y a aucune jurisprudence dans la collectivité qui m'emploie, et outre le fait que je n'ai pas trouvé d'interlocuteur administratif ou juridique valable, j'avais une hiérarchie de très mauvaise volonté qui m'a interdit de me faire appeler par un autre prénom que celui de mon état de naissance, ce pendant 1 an et demi. C'est au cours d'un changement de hiérarchie que j'ai eu la chance de pouvoir accéder à ma requête d'appellation, grâce à une dame provisoirement devenue ma chef de service qui étais beaucoup plus tolérante et compréhensive, et qui m'a donné une autorisation tacite mais inconditionnelle. Malheureusement, ça n'empêcha pas que je dus l'annoncer et m'expliquer auprès de mes partenaires professionnels (étaler ma vie privée en somme) et je m'en serais bien passé. Ce sentiment, c'est bien celui qui me marque le plus par rapport à cette histoire d'état civil et de papiers d'identité : le sentiment de ne pas avoir le droit à une vie privée, de devoir constamment dévoiler quelque chose qui n'appartient qu'à moi. Et c'est trop souvent le cas, car l'identité administrative est une réalité transversale aux domaines de la vie quotidienne. Bien sûr, je trouve toujours des stratagèmes pour m'éviter les situations pénibles, mais c'est terriblement pesant. Aujourd'hui, je pourrais faire mon changement d'état civil, mais il faut encore que je trouve les financements : on n'est pas des vaches à lait, là aussi ! :<
Je veux bien comprendre les préoccupations du corps juridique et civile quant à nous accorder le changement d'état civil : il y a quand même des réalités du système qui sont justifiées. Mais entre le moment où l'on commence le parcours psy avec le "real life test" (en gros l'obligation des "coming-out"), et celui où l'on accède à l'opération chirurgicale considérée comme "castration" par la justice française et nous donnant le droit au changement d'état civil, il s'en passe du temps : un an pour les plus chanceux, trois voir quatre pour les moins chanceux. C'est absurde dans la vie d'un(e) transsexuel(le) : on passe tout le temps de la transition dans un paradoxe d'identités qui est éprouvant et participe directement, malgré nous, à la violation de notre vie privée et la non garantie de notre intégrité morale.

Je pense qu'avec un peu de bonne volonté, une solution qui satisfasse tous les acteurs en cause, peut-être trouvée : une possibilité de papiers temporaires (une carte d'identité à durée de validité de 2 ans par exemple), obtenus sur attestation d'un suivi psy d'un an et preuve du démarrage d'une hormonothérapie. Serait mentionné sur la carte d'identité le nouveau prénom du patient à la place de l'ancien, et resterait intact le sigle du sexe. C'est ce qu'on appelle juridiquement "le changement de prénom par intérêt légitime" me direz-vous. Sauf que pour ça aussi, il faut payer des frais d'avocat tortueux, ce qui ne change pas le fait de devoir repayer pour le changement d'état civil final ! Côté administratif, ça représenterait trois fois rien à mettre en place : il suffirait pour les pouvoirs publics de produire et d'inclure un formulaire spécifique au dossier de demande de carte d'identité, et qui permettrait un traitement adapté du dossier. Derrière ils informent le personnel des bureaux d'état civil et autres acteurs concernés (par note de service par exemple ou Intranet) : et le tour est joué, le protocole est en place et tout le monde sait comment le gérer. Pour les papiers de Sécu, on pourrait nous attribuer des cartes avec temporairement un 3 en premier chiffre et le nouveau prénom du patient à la place de l'ancien : une demande devrait être faite pareillement par le patient avec les mêmes attestations auprès de son bureau de sécurité sociale. Ce sont des idées lancées en l'air. J'en ai plein d'autres, si seulement elles pouvaient donner une issue consensuelle à ce problème… C'est vrai que certaines équipes dites "officielles" prennent déjà en considération cette problématique de l'état civil mais elles sont rares, et ça ne change rien au problème pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas aller dans les équipes. L'idée c'est de bâtir un protocole d'accord qui garantisse le respect des choix du patient en terme de prise en charge médicale, et non pas qui soit un argument de plus pour "ghettoïser" la prise en charge en "équipes officielles" qui doit rester une possibilité parmi tant d'autres.

Parfois, je me dis que je devrais faire de la politique ! Mdr

11/11/2005

Psychiatrisation et normalisation du transsexualisme

Si la psychiatrisation du phénomène de dysphorie de genre a bien un inconvénient premier, c'est de rendre plus difficile et inquiétante l'appréhension du grand public. En même temps, je comprends qu'il faille à un instant T justifier de la légitimité médicale d'une prise en charge de soins. Pour ma part, j'ai assez mal vécu le fait de me retrouver classé dans les victimes de pathologies mentales. Quand j'étais ado, enfermé dans ma prison de chair, j'ai bien cru parfois devenir fou : j'avais l'impression de dérailler complètement comme si j'étais perdu dans un trou noir sans repères, sans endroit ni envers, sans limite et sans issue. Un jour (je devais avoir 17 ans) je me suis pointé chez un psy (encore !) de moi-même (encore !) et je lui ai confié que j'étais en train de devenir fou. Il m'a répondu : "si vous pensez être fou, c'est que vous ne l'êtes pas : les fous n'ont pas conscience qu'ils le sont." Je ne vous cache pas que ça m'a soulagé et rien que pour ça j'étais content de ma démarche, même si ce psy s'est révélé être totalement hermétique à l'expression de ma souffrance (encore !). Alors quand 8 ans plus tard, je me suis retrouvé patient d'un service de psychiatrie, côtoyant des gens "bizarres" sur les bancs de la salle d'attente, je ne vais pas dire que je me sentais enjoué. J'avais l'impression que c'était un peu comme si l'adolescence refaisait surface, et je me demandais quel regard porter sur moi-même finalement. Depuis, je me suis détaché de tout ça : je ne laisse plus les autres me définir, je sais qui je suis.
Il faut bien reconnaître que la psychiatrisation a, en contrepartie, eu le mérite de donner une reconnaissance (même un peu tronquée) et un semblant de légitimité médico-sociale aux transsexuel(le)s. Cela dit, on dirait que personne, une fois encore, n'a essayé de penser les choses intelligemment. Du coup, il n'y a aucun vrais protocoles : c'est du bidouillage individuel tant du côté des patients que des médecins, publics comme privés. Et si les choses commencent à prendre forme et les réseaux à se tisser, tout reste assez flou, et surtout rien n'est réfléchis en concertation avec la communauté concernée sur tout ce qui est protocoles de parcours. Alors certains paient dans le privé, pendant que d'autres s'embourbent dans le protocole des équipes officielles. Et je trouve que ces équipes ont le défaut de véhiculer des discours très normatifs sur le parcours de transsexualisme : un vrai parcours FtM, c'est le suivi psy, puis l'hormonothérapie, puis l'hystérectomie, puis la phalloplastie. Les médecins ne se posent pas la question des attentes des patients. Certains n'ont pas forcément envie d'aller jusqu'au bout, ou préfère opter pour d'autres type d'opérations moins risquées. Perso, j'ai dit à ma psy que je n'envisageais pas la dernière opération pour le moment car j'estime que c'est une opération très lourde chirurgicalement, très risquée en matière de complications et incertaine sur les résultats post-op. Étant au stade du changement d'état civil, je lui ai demandé une attestation de suivi pour mon dossier juridique. Quand je l'ai reçue et que je l'ai lue, j'y ai vu notifié que j'étais sur la liste d'attente pour une phalloplastie. Hein ? Je ne sais pas si c'est un stratagème de ma psy pour faciliter ma demande d'état civil, mais ça veut bien dire ce que ça veut dire, dans tous les cas ! Il serait extrêmement dangereux que le parcours transsexuel soit formaté et normé car cela irait à l'encontre des droits du patient à choisir son parcours de soins. Le meilleur moyen de trouver des solutions à une meilleure prise en charge serait de mettre autour de la même table l'ensemble des acteurs (médecins, sécurité sociale, juristes, ministres, représentants associatifs) pour trouver un consensus, mais cela se fera-t-il sérieusement un jour ? Les pouvoirs publics entendront-ils, à un moment donné, qu'il y a une réelle problématique collective derrière nos situations individuelles, qui nécessitent une préoccupation de la collectivité ?

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