06/06/2008

La violence - Acte 3.

COMMENT EN SORTIR ? PETITE METHODE PERSONNELLE ET ANARCHIQUE.

Par où commencer ? C'est complexe... Plusieurs méthodes sont possibles : il y a au moins la cartésienne et l'anarchique.

La cartésienne , ce serait quelquechose comme ça :

1. Identifier les situations qui engendrent un sentiment de violence : prendre note de nos ressentis et notre façon de réagir à la situation.

2. Chercher à comprendre : pourquoi ces situations là se sont-elles présentées ?  Comment aurait-on pu les éviter ? Quel comportement avons-nous eu ? A quel moment les limites qui conduisent à la violence ont-elles été dépassé ?

3. Chercher des stratégies comportementales pour, au pire arriver à y faire face et gérer la situation, au mieux s'en préserver carrément.

 

La méthode anarchique, ce serait plutôt ça :

1. Apprendre la maitrise de son corps. Par exemple : quand on a les nerfs, le coeur s'emballe. Arrivé à se concentrer sur ses battements dans le but de les ralentir, ça calme ! En plus, dans la foulée, on pense à autre chose et on zappe l'abruti(e) qu'on a en face. Pratiquer un sport, du yoga, la méditation, de la musique, ..., ça aide ! 

2. Ne pas oublier, surtout dans les moments de tension, que la violence est destructrice pour tout le monde, et souvent pour soi-même d'abord. Elle n'apporte finalement jamais de vraie solution sur les problèmes de fond qu'elle ne fait que soulever. Tout d'un coup, elle revête un caractère mazochiste qui personnellement ne me correspond pas ! ça me décourage d'en user ! Lol

3. Communiquer ! Un jour, j'étais à un arrêt de bus et un jeune look un peu sombre "punky" m'interpelle. Au début on a parlé du bus qui n'arrivait pas et puis subitement, il a dérapé sur le sujet des percings, me faisant un laïus sur celui que j'avais à l'arcade. "C'est débile de faire ça... blablabli blablabla..." Sur un ton agressif en plus ! Je me suis tû pendant son grand discours, et puis pour conclure, je lui ai dit calmement (du moins vu de dehors) : "Pourquoi vous m'agressez ?" Il m'a regardé un peu bête genre "ah bon, je vous agresse moi ? Non, moi je dis juste que... blablabli blablabla... c'est tout." Et voyant le bus arrivé (enfin!), je lui ai rétorqué : "Et bien moi je dis juste que : ça suffit. C'est tout." Et je montai dans le bus. Remarquez que si le bus n'était pas arrivé, je crois que je serais parti à pied jusqu'à l'arrêt suivant, parce qu'il commençait vraiment à m'agaçer...

4. Pour ceux et celles qui ont le sens du spectacle, il peut y avoir aussi la solution de se prendre au jeu qui dérange... Par exemple : un jour, j'étais dans un bus de nuit avec 7 ou 8 autres passagers. Il y a avait notamment, juste à côté de moi, une bande de jeunes "brûlés" (alcool, shit... vas savoir...) d'humeur "gros lourds machistes" qui avaient décidé d'em... voyez quoi.... un jeune fille assise en face de moi. N'hésitant pas à en rajouter, à la toucher, à lui dire des trucs du genre " tu sais qu't'es bonne", la pauvre commençait à vraiment être mal et moi aussi. Ils m'ont donné l'occasion d'entrer dans leur jeu pour mieux sortir de la situation. A un moment donné, je me suis entendu dire :"elle est pas trop belle, qu'est-ce t'en penses ?" Je me suis transformé en un truc du genre "Ouaiaiaiai, t'as raison... (à la fille) C'est vrai que t'es charmante ! Je le comprends..." Petits échanges avec les mecs genre "on se comprend" et hop, tout en douceur "Oui mais non : y'a des limites à tout " genre " attends, calme man, quand même, oh ! comment tu parles à une si belle créature ?" Et ben croyez moi ou pas, ils ont cru que je "voulais me la faire" et ils ont lâché prise ! Lol

5. Et puis toujours pareil depuis plus de 2000 ans : Fais à l'autre ce que tu veux qu'il te fasse.... On ne le dira jamais assez...

"Tu veux qu'il te fasse du mal, c'est ça ?....... Eueueuh.... non."  ;)

20/03/2008

Jeté 200308

La Foi, une intuition étrange qui se nourrit de souffrance et d'ésperance.

26/01/2007

La violence - Acte 2

POURQUOI LA VIOLENCE ? LA MIENNE, CELLES DES AUTRES ?

A vouloir comprendre pourquoi, je m'y suis un peu perdu à vrai dire. Je me suis beaucoup interrogé sur les causes de la violence, et les réponses que j'ai trouvées sont trop mutliples pour vous les exposer : la violence est un vécu intime à chacun qui prend des projections variées à l'échelle de la collectivité. La violence a autant de raisons qu'il y a d'êtres sur Terre. Ce que l'on peut constater, c'est que la violence existe en chaque être par essence, à l'état animal. Ensuite, chaque être humain a son propre système de valeurs construit sur la base d'une personnalité propre, une histoire et un vécu personnels, des besoins, des intérêts et des attentes individuelles. Dans nos interactions, à petite comme à grande échelle, ce sont d'abord nos systèmes de valeurs qui se confrontent. Lorsqu'ils sont heurtés, nous le percevons au premier abord comme une agression. Des tensions apparaissent qui si elles ne sont pas désamorcées, peuvent virer au conflit : c'est l'escalade de la violence. (l'escalade de l'intérêt egoïste ?) Si je n'ai pas le courage de partir dans un épluchage approfondi, je peux au moins vous donner une réponse : ma réponse.

D'aprés moi, si la violence a une cause suprême, c'est la souffrance, qu'elle revête une forme symbolique, existentielle, psychologique ou physique. Ses expressions sont diverses et variées, d'autant plus que ces acteurs sont divers et variés. Mais j'ai remarqué que les actes de violence quelqu'ils soient, sont toujours, dans le fond, motivés par une souffrance qui veut s'exprimer. Etre en colère contre le système et transgresser les lois pour y échapper à cause de sentiments d'étrangeté, de frustration, de rejet, d'abandon… Tenter de se suicider parce qu'on se sens insignifiant, qu'on trouve pas sa place, qu'on manque de chaleur humaine… Etre dans l'agression de l'autre parce qu'on ne se sent pas respecté, parce qu'on ne se suffit pas de ce que l'on a, parce que c'est moins douloureux que de se remettre en question… Frapper l'autre parce que… ………Eueuh, ça, j'avoue que je sais pas trop… Peut-être parce qu'on n'est plus en capacité de se maitriser ? Ou parce que c'est aussi question de conditionnement ?

A mon échelle, une des choses qui m'a paru des plus violentes quand j'étais gosse, c'était l'indifférence des autres (ou le manque d'indifférence : les insultes et touti quanti.). Leur manque de respect, de considération voir d'ouverture d'esprit. J'étais en rupture, trop différent. Qu'on ne considère pas ma personnalité de garçon passait, mais avec les années, je n'ai pas compris pourquoi les choses ne changeaient pas… Aux yeux de l'extérieur, j'étais un enfant d'alcoolique et transgenre. Mais heureusement, je ne me résumais pas à ça ! Ben, y'en a pas beaucoup, des gens qui ont compris ça ! Lol
Toujours est-il que j'étais en souffrance. Et cette souffrance, qui provenait finalement beaucoup de la violence des autres, elle est devenue colère, haine... C'est ainsi que moi aussi, j'ai goûté aux âpres ivresses de la violence : physique envers moi-même, comportementale envers les autres. Par certains côtés, je suis assez aller trés loin, et sans le regretter, j'avoue que je suis content que ce soit fini. Mais ça n'a pas été simple : la remise en question a été longue et minutieuse.



PARENTHESE : J'ai trouvé ce descriptif sur le net. Je le trouve pertinent...

"On parle beaucoup de violence verbale, physique, mais la violence psychologique, qu'en est-il ?
C'est ce qu'on appelle la "cruauté mentale", un abus de pouvoir et de contrôle d'autrui, la manipulation en fait partie, puisque tout cela contraint une personne à être ou à faire ce qui ne lui correspond pas, à se soumettre à une volonté qui la dégrade.

Quelques formes de violence psy reconnues :

Rejeter la personne : ignorer sa présence ou sa valeur ; lui faire comprendre qu'elle est inutile ou inférieure, qu'elle est de trop ; dévaloriser ses idées et ses sentiments, ne pas l'écouter.

Dégrader la personne : l'insulter, la ridiculiser, l'infantiliser, ne pas la juger digne de confiance, se comporter d'une manière qui porte atteinte à son identité, à sa dignité et à sa confiance en elle.

Terroriser la personne : lui inspirer un sentiment de terreur ou de peur extrême ; la contraindre par l'intimidation, les menaces de violences physiques ou la menacer de porter atteinte à ce à quoi elle tient, lui hurler dessus.

Isoler la personne : Limiter son espace vital ; réduire ses contacts et ses droits.

Corrompre ou exploiter la personne : L'amener à accepter des idées ou des comportements proscrits par la loi ; l'exploiter matériellement ou financièrement, même à son insu.

Priver la personne de chaleur humaine : Se montrer insensible et inattentif envers elle; faire preuve d'indifférence à son égard ; ne s'adresser à elle qu'en cas de nécessité ; ignorer ses besoins sur le plan mental."

18/07/2006

La violence - Acte 1

LA VIOLENCE, QUEL VECU EN AI-JE EU ? C'EST QUOI ?

Mon vécu de la violence me paraît assez riche. Violence à l'égard de moi-même, violence au contact des autres, violence de la société, du système. Quand je liste les situations auxquelles j'ai été confronté, j'ai parfois le sentiment que mon histoire est celle d'une guerre sociale.

La violence symbolique, rapport à une époque historique, une situation :

Je suis né dans les années 70. Ma mère était célibataire. C'était un statut assez mal perçu dans la société française de l'époque. Ma mère a subi beaucoup de désagréments par rapport à ça : des reproches, des médisances, des regards dénigrants… Moi, je le vivais comme de la violence morale à son égard et ça me faisait mal. D'autant plus mal qu'elle se laissait facilement atteindre et culpabiliser sur ses vulnérabilités, tout en luttant pour s'en sortir dans une société et un monde professionnel d'hommes : voyez ce que je veux dire ? ;-) Moi, j'étais livré à moi-même : je voyais ma mère sombrer lentement dans l'alcool. Je devais gérer la maison, m'occuper de moi et d'elle. Enfant, on n'arrive pas toujours à identifier et interpréter ses émotions. Entre impuissance, colère, peur, insécurité, incompréhension, sentiment d'abandon,... etc, j'avais dans le cœur et dans la tête un cocktail explosif. Je manquais de sommeil, de repas, de repères, d'encadrement, d'encouragement, et je n'avais pas l'occasion d'en parler. J'encaissais beaucoup nerveusement : le quotidien de solitude, ce que la situation engendrait dans mon environnement social, ce que les non-dits confortaient dans la famille…

La violence psychologique, rapports aux autres :

À la petite école, je faisais comme si de rien n'était, persuadé qu'il valait mieux que je ne parle pas des difficultés familiales : ça me demandait une énergie considérable mais je jouais la carte du "tout va bien" parce que je me sentais déjà catalogué comme le "garçon manqué" pas dans les normes et je ne voulais pas en rajouter. Les institutrices avaient manifestement un problème avec moi car je ne rentrais pas dans le moule des enfants de mon sexe, et c'était quand même la vocation fondamentale de l'école de me formater ! Je me suis très tôt senti traqué sur mon identité. Les institutrices ne cessaient de me faire des réflexions castratrices sur ma façon de m'habiller, mes comportements ou mes loisirs de cour de récré. J'étais pourtant un enfant plutôt discipliné, déjà assez réfléchi et en tout cas pas fouteur de troubles. Je vivais donc le système scolaire comme une agression. Avec les années, ça ne fit que s'empirer : une professeur prévenue du problème de ma mère par nécessité, fit la gaffe de m'en faire une réflexion devant ma classe. Ce fut le coup de poignard qui annonçait la sentence : décès social prononcé. L'environnement proche fut au courant rapidement (commérage) : le mauvais œil des parents d'élève (jusqu'à entendre une mère interdire à son enfant de me fréquenter, en me montrant du doigt !), le rejet de mes camarades de classe, les réflexions chez les commerçants plaignantes ou méchantes… Une femme à la caisse d'un commerce a balancé "nature" à la caissière que je lui faisais pitié. Je crois que c'est de loin la pire des réflexions que j'ai entendue : j'avais 9 ans. Et ce que j'ai eu le plus de mal à digérer, c'est que j'étais sur le pas de la porte et elle ne s'est même pas adressée à moi ! Marginalisé dans l'école, marginalisé dans le quartier, et marginalisé de la famille par une pesante absence de celle-ci. Tout ça n'a fait que me conduire doucement vers l'asocialité. Le quotidien de regards déplacés et insultes scolaires (violence verbale) étaient insurmontables pour moi, d'autant plus qu'ils allaient à l'encontre des valeurs religieuses au fondement du peu d'éducation que j'avais. Parallèlement je gérais le décalage dû à ma dysphorie de genre (réf. catégorie "Trans'identités") qui était lui aussi vecteur de mise à l'écart et d'isolement depuis des années. Vers mes 12 ans, je suis placé chez un oncle. J'ai eu le droit à un traitement que j'ai vécu comme injuste vis-à-vis de mes cousins : des réflexions sur ma mère ("Et oui, Zizou, je comprends…"), des réprimandes pour tout et n'importe quoi, des interdictions exclusives... J'étais l'enfant d'"irresponsable", le cas social de la famille : le "boulet" traumatisé dont on se serait bien passé et qu'on charrie par obligation.

J'ai rarement eu affaire à la violence physique, jamais autrement que par légitime défense. D'une part parce que je me l'interdisais personnellement. J'en avais symboliquement peur. Mais aussi, parce que j'ai très tôt appris à prendre sur moi et désamorcer les choses. C'est pourtant à cette époque que je goûte pour la première fois à la violence physique via mon cousin notamment, qui nous faisait une crise d'adolescence pénible. Rien d'extraordinaire, mais de trop pour ma sensibilité : brutalités, démonstrations de force, coups, provocations… Je n'avais pas besoin d'y goûter pour ne pas aimer ! Surtout que ça ne provoquait rien d'autre chez moi que l'envie de céder à mes pulsions personnelles…

La violence psychologique, rapport à soi :

Deux ans s'écoulent dans ce contexte, la puberté se pointe. N'ayant quasiment plus d'estime pour moi, c'est mon corps que je me mets à haïr. Ce corps qui me trahit, qui ne se transforme pas comme il faudrait. À ce stade-là, la violence que j'ai en batterie revêt un sentiment confus de haine, à l'égard de tout et de tout le monde, à commencer par moi-même. J'avais trop accumulé au cours des années, je culpabilisais de ce que je ressentais et ça n'arrangeait rien. Mais je ne me voyais pas faire payer aux autres mes douleurs ; je ne me voyais pas faire à mon prochain ce que j'aurais rêver qu'on ne me fasse pas... Je me sentais capable du pire et je me raccrochais aux principes fraternels que l'on m'avait enseignés. Il fallait pourtant que j'exprime ce qui était en ébullition à l'intérieur de moi, cette tension palpable : j'ai commencé à me faire du mal. Je trouvais dans la pratique de l'automutilation une sorte de sas de décompression qui me permettait de ne pas sombrer totalement, qui m'aidait à garder le sentiment d'une maîtrise sur ma vie et, qui m'évitait de laisser mon cocktail éclabousser et faire du mal aux autres. Ce dernier point était la seule chose qui me reliait à un vague sentiment de dignité. Deux ans plus tard, je faisais une TS ; trois ans après, une deuxième. Je ne supportais plus cette violence que je ressentais, diffuse et latente. Je me sentais perdu dans un tourbillon désordonné et absurde où bien être personnel et société paraissaient antinomiques. Il fallait que ça s'arrête. Mais la vie en a décidé autrement. Cette TS fût avortée par deux élèves de ma classe de BTS qui me manipulaient en temps normal (le paradoxe qui tue !), mais en plus quand ces élèves me ramenèrent de l'hôpital au lycée, je fus convoqué dans le bureau de la CPE qui m'engueula pendant plus de 20 minutes… Arrive un moment où c'est la lassitude qui prend le dessus…

La violence, rapport au système :

Vient le temps de la vie active. Vulnérable, je me fais exploiter sur mon premier travail, sur le deuxième et sur le troisième. Salaire minimum, heures sup. à gogo et traité "comme un chien". Le système a un caractère violent. Quand j'en discute autour de moi, je me rends compte que les gens se montrent terriblement résignés. Moi, je n'oublie pas que le système n'est qu'un outil construit par l'Homme pour organiser la vie en collectivité. Ce sont bien des Hommes qui sont derrières… Dire que le système est violent (injuste, inégalitaire, discriminant, intolérant…), c'est un faux discours finalement. Ce sont les êtres humains qui sont violents (injustes, égoïstes, intolérants et parfois pervertis). Le système est à leurs images. Mais comme ils sont doués d'intelligence, je garde espoir pour les autres, et je lutte pour ne pas me laisser conformer à ce que je ne suis pas.


En somme, la violence est d'abord une émotion qui peut devenir un sentiment ancré si elle est trop fréquente ; puis un mode de fonctionnement psychologique si on y est conditionné et que l'on n'est pas armé pour y résister. C'est une tension qui a besoin d'être évacuée au risque de conduire à de grands tourments et de pomper une énergie vitale phénoménale.
Elle revêt différentes formes d'expression. On l'a, jusque là, beaucoup catégorisé comme physique ou verbale mais force est de constater qu'elle est aussi psychologique. Tellement psychologique que j'en viens même à penser que la violence est un état d'esprit.
Si elle est assez naturelle, elle est blessante voir destructrice pour quiconque la côtoie. On a tous des comportements violents tournés vers soi ou vers les autres. Bien sûr, on ne peut pas nier que certains individus présentent des aptitudes que nous n'avons pas tous, heureusement ! Mais nous avons tous un potentiel de violence. Personnellement, j'ai parfois le sentiment que c'est mon instinct de survie (instinct animal…) qui m'a conduit à des attitudes violentes. Je me suis trop souvent senti agressé, blessé, rabaissé, ignoré, rejeté. J'ai trop souvent constaté des fossés ou paradoxes entre discours et actes, valeurs personnelles et réalités collectives. J'ai été trop souvent atteint dans mon intégrité, dans ma dignité. Et je n'avais pas vraiment d'échappatoire, de défouloir. Au départ, ma violence (mon agressivité, plus exactement) était une arme de défense en réponse aux attaques variées : la violence engendre la violence. Puis quand j'ai cédé à l'asocialité, que j'ai monté un mur entre moi et autrui, je l'ai intériorisée. Elle est devenue un fil tendu sur lequel j'ai joué le funambule pendant de longues années, tâchant de ne pas tomber du mauvais côté. J'ai réussi, mais à quel prix ? C'est sans doute ce qui me rend si sensible à ce vaste sujet, transversal à tous les domaines de la vie, de la société, de l'humanité. Parfois, quand je replonge dans mon vécu, je me demande comment j'ai fait pour ne pas céder. Sans doute, des valeurs contraires qui me collaient à la peau, mais ça ne pouvait pas suffire. Bloqué à la maison à surveiller ma mère, enfermé dans ma solitude, je ressassais les choses. Parallèlement, je découvrais les armes, la virilité, une réalité violente grâce à la télévision. Il s'en est passé des choses dans ma tête. Dures, graves, sanglantes… L'incitation et l'émulation du médiatique, jusque dans les dessins animés (réf. "Ken, le survivant" pour les connaisseurs). La rencontre de mauvaises personnes à l'adolescence. Et pourtant, fidèle à moi-même : je ne sais pas comment j'ai fait… Peut-être que c'est ma solitude qui m'a sauvé. Mais je voudrais comprendre parce que je refilerais le tuyau à d'autres ! :-)

17/07/2006

Réflexion sur la violence - Intro

" La violence engendre la violence." Cet adage peut être discuté longtemps : tout est question de point de vue. Personnellement, je pense qu'il est vrai. Mais évidemment le constater, ça ne fait pas tout. Le but est bien de comprendre le pourquoi du comment pour changer les choses. Vous aurez deviné que si j'aborde ce sujet, c'est que j'y suis extrêmement sensible. Je me suis toujours beaucoup interrogé sur ce sujet (et j'affectionne particulièrement la Paix). J'ai appréhendé beaucoup de facteurs dans mon histoire personnelle, trouver certaines réponses somme toute assez relatives. Pour les besoins d'un récent entretien de recrutement, j'ai tenté de faire une synthèse de la réflexion menée sur la base de mes expériences et mes observations. Le but était d'arriver à mettre des mots sur du vécu confus et c'était loin d'être simple.

3 Actes à ma réflexion :

Acte 1 - La violence, quel vécu en ai-je eu ? C'est quoi ?
Acte 2 - Pourquoi la violence ? La mienne. Celle des autres.
Acte 3 - Comment en sortir ? Petite méthode personnelle et anarchique.

C'est encore loin d'être clair, mais j'ai envie de vous livrer ma réflexion pour vous donner envie de mener la vôtre, et pour que vous m'aidiez à faire évoluer la mienne. À vos claviers ! ;-)

NB : Quand je me mets à écrire, on ne sait pas où ça s'arrêtera... Possible que ce soit un peu long :-)

21/12/2005

Réflexion sur la discrimination

J’entends souvent les homosexuel(le)s dénoncer la discrimination des hétérosexuel(le)s à leur encontre. A contrario, j’entends les hétéros taxer les homos d’être les premiers à être intolérants à leur égard. Ne parlons pas des bisexuel(le)s qui sont communément considéré(e)s comme des personnes qui ne savent pas ce qu’elles veulent, éternelles insatisfaites et instables…Et en bonus, les homos comme les hétéros comme les bis font de la discrimination à l’égard des trans. Je prends comme exemple la discrimination sexuelle et de genre parce que c’est la plus évidente d’après mon vécu, mais la réalité est la même dans toutes les communautés quelques soient les critères de comparaison. Côté ethnique pour ne citer que cet exemple universel, les blancs sont constamment accusés de racisme, notamment par les marrons et les noirs. Les blancs rétorquent que les marrons ou les noirs sont encore plus racistes vis à vis d’eux. Et quand vous demandez aux marrons ce qu’ils pensent des noirs, ils vous répondent, limite le couteau à la main, qu’ils ne peuvent pas les encadrer ! (C’est très notable à Marseille : venez voir du côté du quartier de Noailles et dans les cités !)

La discrimination est sous-jacente à la vie en collectivité et rien ne peut changer ça : on ne peut pas plaire à tout le monde et tout le monde ne peut pas nous plaire ; on ne peut pas comprendre tout le monde et on ne peut pas être compris de tout le monde ; on ne peut pas adhérer à la culture ou aux idées de tout le monde et vis vers ça ; on ne peut pas parler de tout avec tout le monde, on ne peut pas tout vivre avec tout le monde… C’est peut-être frustrant pour nos intelligences mais c’est une réalité ! De fait, nous sommes tous discriminants ! Par exemple, moi, je suis discriminant à l'égard des idiots et des assistés, partant du postulat qu'un idiot est pour moi une personne incapable d'avoir un minimum de réflexion et qu'un assisté est une personne qui se laisse vivre sur le dos des autres. Oui, je suis discriminant, comme tout le monde. Alors arrêtons de débattre sur de faux sujets. Ne mélangeons plus individus (sujets) et société (objets).

La société, dans ses institutions et ses lois, est la seule entité qui n’a pas le droit d’être discriminante puisqu’elle est, par définition, l’entité mécanique supposée nous permettre de vivre tous ensemble, dans une paix relative. Notons que les sphères dites professionnelles ou commerciales sont du domaine de la société. Aussi il est de bon ton de continuer à lutter pour que les politiques produisent des lois garantissant la non discrimination au sein de la société POUR TOUS, et que les juristes veillent vraiment à les faire respecter.

Concernant les individus, je pense que chacun a le droit d’être discriminant à l’encontre des autres, selon ses propres critères mais uniquement dans la sphère de sa vie personnelle. Les individus doivent apprendre plus que jamais à faire la part des choses entre personnel et professionnel. Et si certains ne sont pas capables de prendre sur eux quand ils sont dans le domaine professionnel, qu’ils laissent les places de salariés à ceux qui le sont, et qu’ils bossent en « freelance » (indépendant) : ils pourront alors choisir de travailler ou non avec Monsieur X ou Madame Y. Par contre, je ne leur conseille pas d'ouvrir une entreprise : ils rentreraient de façon franche dans la vie de la société en étant un organe de son développement, et auraient de fait, des responsabilités morales vis à vis d'elle : être chef d'entreprise, ce n'est pas compatible avec la discrimination. Enfin...en théorie mais viendra bien le jour où ça le sera en pratique (il faut y croire !Lol).

 Précision personnelle : Pour moi, être discriminant et être intolérant, ce sont deux choses différentes. La nuance ? C’est le respect que l’on accorde ou non à la personne discriminée. Quand il n’y a plus de respect, il y a intolérance. Mais ça c’est un autre sujet…